Nous vous souhaitons la bienvenue dans notre nouvelle section d’aide à débuter la garde des mygales en captivité. Au fil des ans, nous avons référez les éleveurs que nous servons à d’excellents forum de discussion tel que www.arachnoboards.com pour en apprendre d’avantage au sujet de l’élevage de nos animaux. Mais il est devenu clair que certains d’entre vous désirez connaître comment NOUS (Martin et Amanda de Tarantula Canada) prenons soin de nos mygales dans notre établissement.

Nous espérons que vous trouverez cette section utile. SVP, gardez en tête que c’est la façon dont NOUS prenons soin de nos animaux et certainement pas la seule façon de le faire. Nous vous encourageons fortement à lire d’autres sources et avec un peu plus d’expérience, vous allez développer vos propre trucs et techniques. Ceci est la première étape d’information générale, nous comptons créer des fiches un peu plus spécifiques pour les différents genres bientôt.

Vous devez en premier lieu choisir un terrarium sécuritaire. Celui-ci peut-être une simple boîte de plastique “Rubermaid” avec des trous de ventilation percés sur les côtés. Ces boîtes sont parfaites pour les espèces demandant des niveaux d’humidité plus élevés, mais les boîtes complètement transparentes sont assez rares, donc elles ont tendances à être moins esthétiques. Une autre option sont les fameux “Kritter Keepers”. Ils consistent en un terrarium de plastique transparent avec un couvert coloré et ventilé. Ils sont pratiques puisqu’ils sont parfaitement transparents, très abordables et légers si vous en avez plusieurs sur une étagère. L’inconvénient est que le niveau de ventilation est très élevé, donc l’humidité demeure très basse. Ils sont adéquats pour des espèces de climat semi- aride, mais beaucoup moins pratique pour des espèces demandant un niveau d’humidité constant. Les derniers, mais non les moindres sont les terrariums classiques en verre. Ils sont lourds et dispendieux. Ils sont normalement offerts avec un couvert grillagé que nous ne recommandons pas. La mygale va éventuellement grimper et coincer les griffes au bout des tarses dans le moustiquaire. Si vous décidez d’y aller avec un terrarium de vitre, nous vous conseillons de modifier le haut afin de pouvoir accueillir un couvert en plexi-glass avec des trous de ventilation.

Lorsque vous voulez déterminer les dimensions nécessaire pour l’animal, nous utilisons ce que nous appelons notre “règle de trois” Nous déterminons la taille idéale du terrarium en multipliant l’envergure de pattes maximale de l’animal par trois. Un tiers pour la cachette, un autre tiers pour l’espace libre au sol délimitant clairement le territoire de la cachette de l’animal et le dernier tiers sert à accueillir en partie le bol d’eau.

Nous nous faisons souvent demander: “ J’ai un grand terrarium, est-ce que je peux le séparer pour accueillir plusieurs mygales?”. Nous ne le recommandons pas. Pratiquement à toutes les fois que quelqu’un essaye un tel projet, peu importe le niveau d’attention pour prévenir les fuites, éventuellement le résultat est une seule grosse mygale et une manquante! Donc, nous vous avons averti.

La deuxième étape est de choisir le substrat sur lequel l’animal vivra. Nous préférons la fibre de coco compacte en bloc “coco fiber”. Ces briques peuvent être achetées chez votre animalerie locale, mais vous pouvez parfois sauver pas mal d’argent en achetant un produit similaire dans la section du jardinage de Canadian Tire ou autre magasin similaire. Ce substrat garde bien l’humidité et à l’avantage de gonfler à nouveau lorsqu’il est complètement sec, contrairement à de la terre qui rétrécie en un bloc solide lorsque sèche. Ceci dit, de la terre organique fait parfaitement l’affaire (terre seule, ou mélangée avec de la mousse de tourbe) Après tout, les mygales vivent sur et dans la terre en nature, donc vous ne pouvez pas vous tromper. Juste à vous assurer qu’elle ne contient pas de pesticides. Nous ne recommandons pas le sable, par contre, mélangé avec un des substrats ci-haut peut fonctionner très bien pour des espèces de climat aride. Nous ne recommandons vraiment pas la vermiculite. En plus de ne pas être esthétique, la plupart des mygales détestent marcher sur ce substrat (elles passent la majorité du temps à grimper). Le plus important est que la poussière contenue dans ce produit peut bloquer les poumons de l’animal et celui-ci peut mourir d’asphyxie (expérience personnelle). Il n’offre également pas de bonne stabilité pour les espèces fouisseuses et elles refusent souvent d’y creuser un tunnel.

La quantité de substrat dépend du comportement de l’espèce que vous gardez. Généralement parlant, nous considérons trois types de mygales : arboricoles, opportunistes et fouisseuses obligatoire (Fig 1). Pour les espèces arboricoles, nous utilisons un minimum de substrat et plaçons un item afin de permettre à l’animal de grimper à la verticale, tel qu’un morceau d’écorce de liège (Fig 2). Nous recommandons également l’utilisation de troncs creux complets de liège. Cela donnera la meilleure cachette possible pour votre mygale arboricole. Pour les espèces opportunistes, nous plaçons l’écorce de liège au sol et la mygale creusera une petite dépression sous celle-ci (Fig 3). Nous mettons normalement assez de substrat pour que l’animal puisse toucher en même temps le sol avec ses pattes d’en arrière et le couvert avec les pattes d’en avant. Cela limite l’espace libre à la verticale et les risques de chutes et blessures abdominales. Pour les fouisseuses obligatoires, nous remplissons le terrarium au moins jusqu’au 2/3 (Fig 4). Nous fournissons quand même toujours une cachette puisqu’il peut parfois être long avant que la mygale décide de creuser sa gallerie. C’est donc crucial pour l’adaptation de l’animal.



Une autre question très commune: “Est-ce que je devrais mettre le substrat au four pour le stériliser avant de construire le terrarium?”. Notre réponse est “non”. C’est quelque chose que nous ne faisons jamais. Nous croyons qu’en tuant tous les micro-organismes dans le substrat, vous détruisez la balance qui y règne. La porte est grande ouverte pour la colonisation du premier micro-organisme qui y rentrera… et il est possible que ce soit un indésirable. Nous parlerons plus bas de ceux étant les bienvenus.

Une fois le terrarium et substrat prêt, il ne vous reste qu’à ajouter une cachette et un bol d’eau. Le bol d’eau n’est certainement pas essentiel, mais simplement une précaution si jamais le taux d’humidité devient trop bas. Vous ne verrez probablement jamais votre mygale boire, mais si ça arrive, vous serez content d’avoir mis un bol d’eau. Nous ne mettons rien dans notre bol d’eau (pas d’éponge ou de roches) et changeons l’eau une fois par semaine. Nous aimons mettre de la mousse de sphaigne dans le terrarium (pas dans le bol d’eau, juste autour), ça aide à garder l’humidité et ajouter de la décoration. Nous utilisons de l’écorce de liège comme cachette et ajoutons de la décoration au besoin. Faites attention aux roches, spécialement les grosses roches, car la mygale pourrait décider de creuser en dessous et le tout pourrait s’effondrer et écraser la mygale. Les pots de terre cuite devraient être évités pour les mêmes raisons. De plus, il y a toujours un trou au fond du pot et l’araignée pourrait y rester coincée et mourir (expérience personnelle). La plupart des plantes ne vivront pas bien dans les terrariums. Non seulement la mygale pourrait décider de creuser vers les racines, mais la luminosité basse préférable pour les mygales sera insuffisante pour les plantes. Si vous désirez quand même essayer des plantes vivantes, assurez-vous qu’elles auront accès à un peu de lumière naturelle indirecte ainsi qu’elles supportent le même niveau d’humidité optimal pour la mygale. Également vous assurer que les plantes n’aient pas d’épines ou feuilles coupantes qui pourraient blesser l’animal.

Lorsque vous déterminez la température pour une mygale, l’erreur la plus commune est d’aller voir la température moyenne dans le pays d’origine sans connaître le micro-habitat duquel la mygale est originaire. Souvenez-vous que la température moyenne à l’extérieur ne sera probablement pas la même qu’à l’endroit où les mygales font leurs cachettes. Prenons comme exemple une Theraphosa blondi. Quelqu’un pourrait dire qu’en moyenne, à Cayenne en Guyane Française il fait 30 Celsius, donc ça devrait être la bonne température pour cette espèce. Mais on ne pourrait être plus loin de la vérité. Premièrement, sous la canopée, en forêt tropicale, ce n’est jamais aussi chaud qu’en ville ou directement sous le soleil. Les températures peuvent y être plus fraîche de quelques degrés. Ajoutez dans l’équation un habitat qui est en plus haute élévation, ce qui abaisse encore un peu la température. Pour clore, considérez un terrier qui descend sous le sol. À quelle température pouvez-vous vous attendre? Certains arachnologues ont mesuré les températures au fond des terriers de T. blondi aussi basses que 18 Celsius et couramment dans les 22 Celsius. Selon nous, beaucoup d’éleveurs gardent leurs mygales trop chaudes. La plupart des espèces, sinon toutes, vont très bien vivre à la température de la pièce. En moyenne, nous laissons notre pièce à mygale entre 24 et 25 Celsius le jour et 20 et 22 la nuit.

Si vous pensez que votre terrarium est trop froid, n’oubliez pas que les mygales ne sont pas des reptiles et les unités chauffantes pour reptiles peuvent parfois être non sécuritaire pour les mygales. Les roches chauffantes ne sont pas de bons choix puisque les mygales ne se font pas réchauffer au soleil pendant le jour. Les plaques chauffantes typiquement installées sous le terrarium ne sont également pas de bonnes sources de chaleur. Quand les mygales ont trop chaud, elles vont creuser dans le sol et le plus profondément qu’elles creusent, le plus frais la température devient. Il est évident qu’une plaque chauffant va créer le phénomène inverse. Cela peut stresser l’animal qui ne saura pas où aller pour se rafraîchir. Si vous désirez absolument utiliser une plaque chauffante, installez là sur un côté du terrarium, au côté inverse de l’emplacement de la cachette de l’animal. Les lampes chauffantes peuvent fonctionner, mais faites attention de bien contrôler la température pour éviter la surchauffe et assurez- vous que l’animal ait une cachette loin de la source de chaleur. Ne gardez pas la lampe ouverte 24/24 heures, 7 jours semaine. Il est bon de donner une cycle jour/nuit pour la température.

L’humidité est souvent l’aspect le plus négligé et d’importance la plus sous-estimée. Beaucoup d’espèces très populaires dans le hobby sont originaires des régions tropicales et non de déserts arides. Nous parlons de 80% à 99% d’humidité ici. Normalement, l’humidité relative dans les maisons est de 40% au plus et va souvent descendre autour de 20% lors de nos hivers canadiens. Si l’humidité n’est pas contrôlée, l’animal va se déshydrater. Il y a différentes techniques pour élever l’humidité. Normalement, c’est fait en restreignant la ventilation et en ajoutant de l’eau dans le substrat. Nous ne vaporisons jamais nos terrariums car l’évaporation est trop rapide et l’humidité est élevée que pour une courte durée. Nous préférons verser de l’eau dans le substrat, de cette façon, l’évaporation sera plus lente et l’humidité ambiante sera plus élevée, plus longuement.

Une autre question fréquente: “Si l’humidité est trop élevée, est-ce que je vais avoir une infestation de mites?”. Ça c’est normalement l’idée de l’éleveur typique qui garde ses mygales sur un substrat complètement sec ayant été stérilisé à priori. La réalité est que si vous passez votre substrat au micro- onde ou le stérilisez d’une autre façon et vous le gardez sec, vous tuez tous les micro-organismes bénéfiques présents dans la terre. Le truc est de savoir lesquels sont bénéfiques et lesquels sont nuisibles. Les petits décomposeurs dans le substrat tels que des mites détritivores (bonnes mites) et les collemboles vont aider à garder le substrat propre puisqu’ils vont se nourrir des restants de la mygale et autre substance organique. Ils vont aussi aider à protéger contre les mites parasites car ils vont également manger leurs œufs. Donc comment faire la différence entre les bons micro-organismes et les mauvaises mites parasites? La façon la plus facile est de les observer et de remarquer où elles abondent. Si vous les voyez dans le substrat, autour du bol d’eau, ou sur les restants de nourriture, ce sont des organismes bénéfiques. Les mauvaises sont parasites, ils vont grimper sur la mygale, normalement proche de la bouche ou des joints des articulations. Vous pouvez également observer la vitesse de leurs déplacements. Les détritivores sont souvent rapides et actifs, les collemboles vont également faire des bonds. Les mites parasites sont lentes et ne vont normalement pas bouger sauf si dérangées. Si vous êtes curieux à savoir si le tout fonctionne, sachez que nous avons plus de 5000 mygales et aucune mite parasite… à vous de décider.

La maintenance générale pour un adulte ou sub-adulte consiste à changer l’eau du bol une fois par semaine, vérifier l’humidité (ajouter de l’eau dans le substrat si nécessaire), nourrir (quelques grillons adultes) et ramasser les détritus que l’araignée a laissé. Ne jamais laisser des proies vivantes non consommées avec l’animal car elles vont marcher partout et stresser l’animal. La réponse d’attaque d’une mygale ayant faim est rapide comme l’éclair. Si la mygale rencontre la proie à quelques reprises et ne l’attaque pas, c’est qu’elle n’a pas faim.

Les mygalons (bébés) demandent des soins différents. Nous les gardons dans des pots de pilules de tailles appropriées (Fig 5). Ça rend les repas et la maintenance de l’humidité beaucoup plus facile. Les mygalons sont moins résistants à la déshydratation, donc il faut s’assurer de maintenir l’humidité de façon plus assidue. Si le substrat devient sec ou l’humidité ambiante chute, simplement ajouter quelques gouttes d’eau dans le substrat. À part cela, ils sont très faciles à élever. Si vous n’avez pas de proies assez petites, vous pouvez pré-tuer une proie plus grosse, la plupart des bébés vont charogner. Vous allez probablement devoir enlever les restes si la proie est trop grosse.



De temps en temps, les mygales vont muer (changer de peau). Si vous trouvez votre araignée sur le dos, elle n’est pas morte, elle est en train de muer. Laissez l’animal en paix et revenez dans quelques heures (ou restez pour observer) vous allez découvrir une belle surprise! Avant la mue, la mygale va entrer en période de pré-mue qui peut durer de une à deux semaines pour les mygalons à plus d’un an chez certains spécimens adultes. Pendant cette période, la mygale ne mangera pas, donc observer l’alimentation de l’animal vous indiquera quand la mue va approcher. Quand l’animal a mué, il recommencera à manger une fois son exosquelette durci. Grâce à sa mue, l’araignée va régénérer ses soies urticantes, pattes ou autres appendices perdus. Certaines mygales peuvent avoir de la difficulté à muer. Plusieurs demandent : “Si ma mygale va muer, est-il mieux d’augmenter l’humidité le plus possible?”. Notre réponse est que c’est probablement inutile. Si le terrarium était trop sec pendant la période entre les deux mues, il est probablement trop tard pour la mygale. L’important, comme mentionné ci-haut, est de donner la bonne humidité en tout temps. Si la mygale est déshydratée pendant une longue période de temps parce que le terrarium était trop aride, ça ne va rien changer d’augmenter soudainement l’humidité pendant la mue.

Nous espérons que ces suggestions seront utiles pour la personne qui débute dans le hobby. Nous allons ajouter de l’information dans le futur.